ressources pétrolières

Combien reste-t-il de pétrole disponible ? Documents extrait du site de Benoit Thévard (avenir-sans-petrole.org)

Lorsque l’on parle de la quantité d’hydrocarbures restante, il est très important de savoir de quoi on parle. Pour estimer ce à quoi nous aurons accès à l’avenir, parler de ressources, de réserves ou de capacité de production de revient pas du tout au même.

Les ressources: C’est la quantité totale d’hydrocarbures qu’il y a eu sur la planète Terre, avant même que l’homme ne commence à l’exploiter.

Les réserves ultimes: C’est la quantité de pétrole qui a été, est ou sera extraite du sous-sol par l’Homme, de la première à la dernière goutte.

Ces réserves ultimes sont donc composées des catégories suivantes:

Ce qui a déjà été consommé

Les Réserves Prouvées (P90): quantité de pétrole que l’on peut extraire dans les conditions techniques et économiques du moment, avec une probabilité supérieure à 90%.

Les Réserves Probables (P50): même chose mais avec une probabilité de 50%.

Les Réserves Possibles (P10): même chose mais avec une probabilité inférieure à 10%.

Ces nuances sont très importantes car on voit bien l’importance des capacités techniques et économiques sur l’évolution de l’une ou l’autre des réserves.

Il faut noter que les réserves ultimes n’ont quasiment pas évolué depuis plus de 40 ans, avec une valeur médiane stable à 2500 Md de barilsenviron. C’est donc la répartition des sous-catégories qui évolue en permanence.

Lacarte suivante donne une idée de la répartition desréserves de pétrolebrutque nous sommes à peu près certains de pouvoir exploiter actuellement(P90). La bonne situation du Canada est récente (début des années 2000). Elle s’explique par l’intégration des sables bitumineux dans les réserves prouvées (175 Md de barils). Les réserves prouvées de l’Iraq auraient également évolué à la hausse dernièrement.

On constate quel’Europe est particulièrement dépendante des importations.

Réserves « officielles » et « techniques »

Selon les sources, la totalité des réserves prouvées « officielles » représente aujourd’huientre 1100 (IFP) et 1400 Md de Barils(1354 Gb selon l’AIE en 2010). Malheureusement, les compagnies pétrolières nationales n’ont aucune obligation concernant la déclaration de leurs réserves. Seules les compagnies privées (Total, Exxon mobil, BP …) ont une obligation de transparence et elles ne représentent, à elles toutes, que 15% des réserves mondiales.

Les courbes suivantes montrent l’évolution des réserves prouvées déclarées par les pays de l’OPEP, entre 1980 et 2010.

En 1985, l’OPEP met en place une répartition des quotas de production proportionnelle aux réserves prouvées de chaque pays membre.

N’est-il pas surprenant qu’après la mise en place de ces quotas, tous les pays membres de l’OPEP ont vuleurs réserves augmenter considérablement, d’une année sur l’autre, et ce sans aucune explication technique?

N’est-il pas surprenant de constater que malgré un rythme d’extraction de plusieurs millions de barils par jour,ces réserves ne baissent pas depuis 30 ans?

Si le doute est permis concernant les réserves officielles,les chiffres annoncés sont très probablement supérieurs à la réalité.

Les réserves techniques, quant à elles, sont très difficiles à obtenir car les données sont confidentielles et très coûteuses. M. Jean Laherrère est probablement le meilleur expert mondial sur le sujet, car il a analysé les données d’environ 20.000 gisements à travers le monde. Sur le graphique suivant, il est possible de comparer l’évolution des deux courbes, dont celle des réserves techniques en vert.

Selon Jean Laherrère, les réserves 2P (prouvées + probables) et sans tenir compte du pétrole extra-lourd, seraient évaluées à 830 Milliards de barils en 2010.

Capacité de production

Disposer de ressources ne sert à rien si nous ne sommes pas capables de les extraire, de les traiter et de les distribuer à un rythme suffisant.

La capacité de production est laquantité de pétroleque les installations existantes et opérationnelles sontcapables d’extraire chaque jour ou chaque année, selon la base de temps choisie.

 

Dans la capacité de production il y a donc unenotion de quantité(m3, barils, tonnes …) mais également unenotion de temps(jour, année …). L’objectif est de pouvoir répondre en permanence à la consommation et donc deproduire aussi rapidement que ce que nous consommons.

Depuis le début de l’ère pétrolière,la capacité de production n’a jamais cessé d’augmenter, sauf lors des chocs pétroliers.

Elle a atteint aujourd’hui un rythme de32 milliards de barils ou 5 milliards de m3 par année.

Que représente un tel volume ? Imaginez une baignoire d’une profondeur d’1 mètre et de la surface d’un département …

A ce jour, le record pour la production d »hydrocarbures liquides à été atteint en janvier 2011 avec 88,3 millions de barils par jour.

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